Ilo Ilo de Anthony Chen
Nymph
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Nymph

Aka : Nang Mai | 2009 | Thaïlande | 110 mins | Drame Fantastique | Un film de Pen-Ek Ratanaruang | Avec Temthanaporn Wanida, Jayanama Nopachai et Wanwinwet Chamanan

Producteur : Aphiradee Iamphungporn, Chantarangsri Saksiri & Iamphungporn Charoen | Directeur Artistique : Chaimongkol Wittaya & Chantarangsri Saksiri | Monteur : Patamanadda Yukol | Directeur Photo : Chamniwikaipong Chankit

Scénario de Nymph

Quelque part dans la jungle, une jeune fille à jadis été agressée par deux hommes. Quelques jours plus tard, on devait retrouver les corps de ses agresseurs dans les eaux d’un rivière voisine, mais nul ne sut jamais ce qui était advenu de la malheureuse jeune fille. May, une jeune citadine, a tout ce qu’elle peut désirer. Sa carrière est en plein essor et Nop, son époux de longue date, photographe professionnel, la comble d’amour. Le jour où Nop est chargé d’effectuer dans la jungle un reportage, il décide d’emmener May avec lui…

Critique du film Nymph

En voilà un film que j’ai longuement attendu, car autant être franc, j’admire énormément les œuvres de Pen-Ek Ratanaruang et j’étais impatient de voir sa dernière création après avoir vu son dernier film Ploy, qui m’avait assez intéressé, mais bien loin du voyage indescriptible, que j’ai vécu dans The Last Life in the Universe et Vagues invisibles. J’avais déjà lu quelques brèves sur son nouveau film, avec pas mal de déceptions, mais je ne voulais pas y croire. Je souhaitais avec tout mon amour du cinéma, retrouvez les sensations d’antan. Malheureusement, je dois l’avouer, Nymph, m’a laissé un goût amer dans la bouche, un vide difficile à accepter. Il sera difficile pour moi de ne pas laisser transparaître ma déception à travers cette critique, même si le film n’est pas mauvais, il est bien en dessous de mes espérances. Dès le début de Nymph, on est clairement dans un film de Pen-Ek Ratanaruang. On se retrouve plongé dans une très dense forêt thaïlandaise dans laquelle on y suit une caméra affichant de longs plans-séquences sur les troncs d’arbres, les feuillages, les branches et tous ces petits bruits de cette nature. Puis, rapidement, un hurlement de femme se fait entendre, on l’aperçoit de loin, tentant d’échapper à ses poursuivants, la caméra s’éloignant de plus en plus, pour finalement se retrouver face aux deux criminels, allongés en pleine rivière, le corps inerte.

Dès le début de Nymph, on sait deux choses sur ce film. On y parlera d’étrangeté, d’esprit des forêts, de communion avec la nature et de l’autre, que le film sera lent, très lent, quasi contemplatif, une chose qui n’est pas pour me déplaire. Malheureusement, on se rend vite compte que le film se retrouve être bancal, il se cherche semblerait-il. Il apparait bien moins maitrisé. On pourrait penser que cette fois-ci, le jeune réalisateur a choisi de s’orienter sur un film de fantômes avec cette forêt inquiétante, retranscrite de manière très satisfaisante et pourtant, Nymph, va finalement se concentrer sur l’histoire d’un couple en péril, qui sombre peu à peu avant de finir dans une spirale surnaturelle…ou presque. On se dit, qu’importe, nous avons affaire à un film de Pen-Ek Ratanaruang et de ce fait, le film sera soigné graphiquement, aura un style indéniable et une touche unique. Finalement, on se rend compte qu’on est loin du compte. Pourtant, c’est bien le réalisateur de Ploy et de Vagues invisibles qui est derrière la caméra, alors que s’est-il passé ? Surement un égarement ou un manque de travail. En tentant ici, de mêler le réel et l’irréel, il nous offre des moments complètement hypnotiques qui nous aspirent et qui nous garde sur un simple fil, dans une lenteur complaisante que peu semble arriver à suivre. Pourtant, pour ma part, cela n’a jamais été un défaut.

Certains diront que dans Nymph, les plans sont interminables, travaillés, mais franchement pas énergiques et je leur dirais qu’effectivement, ils ont raison. Pour autant, ce n’est pas cela, à mes yeux, qui fait que le film ne remplit pas complètement ses fonctions. Il lui manque tout simplement une certaine magie, celle que j’avais découverte dans The Last Life in the Universe et que j’avais poursuivie dans Vagues invisibles. Ce sentiment d’apaisement, de clairvoyance, de contemplation intemporelle n’est ici que très peu marqué au final. Surement par un scénario un peu vide, avec des séquences qui en laisseront plus d’un perplexe. C’est franchement dommage, car j’adule littéralement ce réalisateur. J’ai vu et revu les films précédemment cités, un bon nombre de fois en ayant à chaque fois, ce petit quelque chose de transcendant. Dans Nymph, j’ai été captivé, mais pas emporté. Sans doute, à un aspect formel inégal. Pourtant, le côté sensoriel était travaillé, même si les mélodies manquaient un peu. Ici, place au bruit du vent, des feuillages, des branches craquantes sous le poids des frêles pieds de May.

Nymph n’est donc pas mauvais, simplement décevant et pas vraiment convaincant. On voit clairement que le potentiel était présent, mais surement pas assez exploité. L’idée était pourtant bonne, mais manque de magie. Cette touche du réalisateur qui réussissait à nous impressionner par son style. Dommage, j’en attendais beaucoup. Nymph restera une œuvre à part du réalisateur qui semble avoir tenté quelque chose d’autre sans réellement y parvenir.

Résumé
Date de la critique
Titre du film
Nymph de Pen-Ek Ratanaruang
Note
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