Ploy
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2007 | Thaïlande | Drame | 107 mins | Un film de Pen-Ek Ratanaruang | Avec Panyopas Lalita, Sarasin Pornwut, Sakujaroensuk Apinya, Everingham Ananda, Papanai Porntip et Pradapphongsa Thaksakorn

Producteur : Vorarat Rewat & Iamphungporn Kiatkamon | Compositeur : Shimizu Koichi & Riddim Hualampong | Scénariste : Pen-Ek Ratanaruang

Scénario de Ploy

Un hôtel à Bangkok… Wit et Dang, mariés depuis sept ans et vivant aux Etats-Unis, sont retournés en Thaïlande pour assister à des funérailles. A cinq heures et demie du matin, ils pénètrent dans la chambre 603 pour dormir quelques heures… Pendant ce temps, dans le même couloir, chambre 609, Nut, le barman, y a retrouvé secrètement Tum, la femme de chambre, pour un tête-à-tête résolument plus sensuel… Plus tard, Wit descend au bar pour acheter des cigarettes et rencontre Ploy, une jeune fille de 19 ans. Elle est ici pour retrouver sa mère, en provenance de Stockholm et qui devrait arriver à l’hôtel vers dix heures et demie. Intrigué et charmé, Wit l’invite à se reposer dans sa chambre en attendant sa mère… Le couple, la jalousie et ses conséquences, sont au cœur de ce huit-clos intimiste et sensuel…

Critique de Ploy

Pen-Ek Ratanaruang est pour moi, le réalisateur le plus représentatif de la nouvelle vague du cinéma Thaïlandais et c’est à chaque fois un moment exaltant que de voir l’un de ses films, pour lesquels j’ai souvent de très grosses attentes, notamment ayant été subjugué par l’ambiance de ses films The Last Life in the Universe et Vagues Invisibles et bien évidemment, il en était de même lorsque je me suis décidé à me lancer dans l’aventure Ploy et même si j’avais de grandes appréhensions par le fait que mon cher Asano Tadanobu ne soit pas présent dans son dernier ouvrage, Ploy fût une surprise et son ambiance à réussit à me faire accepter son coté très Thaïlandais.Bien évidemment, ayant littéralement adoré les deux précédents films de Pen-Ek Ratanaruang, je serais donc très positif sur le film Ploy, pourtant certains de mes semblables n’ont pas franchement appréciés ces films et à vrai dire, j’ai du mal à les comprendre, mais il est certain que tous les goûts sont dans la nature et que tout le monde ne peut aimer la même chose, cependant, Ploy possède des qualités indéniablement universelles et s’inscrit dans une logique de l’homme et de son placement dans l’espace, ici sous la forme d’un couple dans une chambre spacieuse d’un hôtel assez chic, tout comme The Last Life in the Universe dans une maison au bord de la mer.Ratanaruang nous met en forme le destin de corps qui se croisent et s’entrecroisent, ici entre Wit et Dang, le couple au bord du drame et Ploy, une jeune fille de 19 ans qui représente le symbole de la fragilité de ce dernier.

Tout comme The Last Life in the Universe et Vagues Invisibles, l’univers de Ploy est quasi onirique, le rêve n’est jamais très loin, d’ailleurs, on se retrouve régulièrement entre l’univers chimérique, notamment le meurtre de Ploy par un oreiller, symbole d’un malaise extériorisé ou encore la torride aventure entre le barman et la femme de chambre et la réalité d’un couple à la dérive qui doit surmonter une épreuve bien difficile.A nouveau, il est évident que Ratanaruang fait place à la contemplation, on se délecte de suivre ces personnages qui errent d’un bout à l’autre de l’hôtel, jusqu’à nous dévoiler l’intimité de ses protagonistes, une chose qu’il n’a jamais cherché à montrer, pourtant dans Ploy, l’acte sexuel est dévoilé sans pour autant nous l’afficher de manière vulgaire et dégradante.Une chose également bien présente dans Ploy, c’est cet état de somnambulisme des personnages, à demi éveillé, en quasi-stase et surtout déboussolé, coincé dans un espace-temps décalé par le voyage en avion, l’hôtel se transforme ainsi en un lieu où le temps est figé et où les individus cherchent à se trouver.Ce qu’il y a de fabuleux avec ce film de Ratanaruang, c’est son aptitude à nous transporter pendant plus de 100 minutes sur un scénario ultra-simplifié pour se consacrer au travail de l’ambiance de son film, à la qualité esthétique de celui-ci afin d’absorber le spectateur dans son espace-temps façonné par son imagination.

Cependant, je ne peux être 100% d’accord avec les choix du réalisateur, en effet, je trouve assez dommage de ne pas avoir développé la relation entre Ploy et son ami junkie que l’on croise au début du film, puisque quelques minutes plus tard, on la retrouve dans la chambre du couple à découvrir un sachet de drogue dans un poudrier, sans savoir ce qu’il se déroule par la suite, un petit manque pour ma part, comme sur la bande-son qui n’est pas aussi excellente que celle de The Last Life in the Universe.Du coté de l’interprétation, rien à redire, c’est un plaisir de retrouver Panyopas Lalita et sa jalousie maladive qui se finira par un revirement de situation en fin de métrage et surtout la toute jeune Apinya Sakujaroensuk dans le rôle de Ploy, qui reste selon moi une actrice à suivre, j’ai hâte de la retrouver dans un de ses futurs rôles.Au final, vous l’aurez compris, Ploy a réussi à me convaincre malgré tout le mal que j’ai pu en lire, parfois, il faut se fier à son instinct et moi c’est celui de croire que Pen-Ek Ratanaruang ne cessera de me surprendre, même si j’ai déjà lu quelques mauvaises critiques au sujet de son prochain film, Nymph, qu’importe, je ne ferais pas l’impasse sur celui-ci.

Informations DVD | Distributeur : Universal | Editeur : Wild Side Vidéo | DVD9 | Audio : Thaïlandais DTS & Dolby Digital 5.1 – 2.0 | Sous-titres : Français | Format 16/9 compatible 4/3 – 1.85 | Bonus : Making-Of – Court-métrage : Le mensonge de Salomé

Résumé
Date de la critique
Titre du film
Ploy de Pen-Ek Ratanaruang
Note
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