Time
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Corée du Sud | 2006 | Drame/Romance | 98 mins | Un film de Kim Ki-Duk | Avec Seong Hyeon-ah, Ha Jeong-Wu, Seo Yeong-Hwa, Oh Yu-Jin et Kim Seong-Min

Scénario de Time

Après une dispute avec son copain, une fille veut mettre son amour à l’épreuve. Elle disparait pour se faire refaire entièrement le visage, réapparait 6 mois plus tard et tente de le séduire à nouveau…

Critique de Time

Juste avant de réaliser Souffle en 2007 et Dream en 2008, Kim Ki-Duk s’essaye à nouveau avec Time, un drame qui tourne autour de deux êtres, comme le fait souvent Kim Ki-Duk avec cependant quelques exceptions comme Locataires, qui n’est pas franchement réussi, mais que ne manque pas d’une certaine saveur à quelques moments du film, tout de même bien loin de ces œuvres où l’amour était mêlé à la vengeance à fortes doses, ici avec Time, le réalisateur nous offre une vision plus complaisante d’un problème de couple et des dérives que peut engendrer la chirurgie esthétique en surconsommation, tout en se reposant trop sur ses lauriers, car, si Kim Ki-Duk avait encore tout à prouver il y a quelques années, à l’époque de ces premiers films, aujourd’hui, depuis son film L’arc, ses efforts se font moindre, réalisant des films tout juste passables pour le talent qu’il possède, même si je dois dire, que je ne peux complètement ne pas apprécier ses œuvres, celle-ci se trouvant tout de même pour la plupart au-dessus des drames habituels, cependant, la déception parfois se fait sentir, en repensant à ses premières œuvres.

Dès les premières images de Time, Kim Ki-Duk met tout de suite l’accent sur la chirurgie esthétique, une table d’opération sur laquelle une femme est en train de se refaire complètement la tête et à vrai dire en voyant ses premières images, on a tout de suite mal pour la patiente au vu des pratiques mises en place pour arriver aux résultats escomptés, certains spectateurs auront même tendance à tourner la tête pendant ces premières minutes et en peu de temps, Kim Ki-Duk arrive à montrer la réalité des opérations de chirurgie esthétique, qui au final ne sont pas aussi belles qu’on le pense ou tout du moins, qu’on cherche à nous faire croire.

Ici dans Time, le réalisateur ne dénigre pas la chirurgie esthétique en elle-même, simplement ses débordements, que la Corée du Sud actuelle est en train de suivre, celle de chercher à gagner quelques petits atouts de charmes supplémentaires, sur des filles déjà très jolies, simplement pour tenter d’être la plus belle des plus belles, jusqu’à omettre leur propre visage et à complètement changer leur apparence première, au final, s’effacer esthétiquement pour se reconstituer dans un autre être.

Coté scénario, Kim Ki-Duk met en scène une femme, plutôt jolie, mais qui suite à des problèmes de couple avec son copain, va utiliser la chirurgie esthétique pour le mettre à l’épreuve, en effet, elle disparait pendant 6 mois, suite au changement complet de son visage et tente de le séduire à nouveau sans que celui-ci ne s’aperçoive que celle à qui il s’attache est en réalité son ancienne copine complètement refaite, tout en jouant un double jeu de faire « revivre » la femme qu’elle était dans le passé, en envoyant des petits mots à son copain pour lui indiquer qu’elle était toujours amoureuse de lui, au final, le jeune homme se pose des questions, retrouvez la femme qu’il aimait il y a 6 mois ou cette nouvelle femme, en réalité, la même après opération.

Pour animer le scénario de Time, Kim Ki-Duk joue la carte de la complaisance et oubli presque complètement ses premières tendances, ici on se regarde soi-même et on se satisfait d’un résultat mitigé, alors que Time aurait pu être bien mieux que cela, il faut croire que Kim Ki-Duk se satisfait d’un minimum syndical ces derniers temps.

Le souci de Time réside également dans ses invraisemblances, notamment ceux des protagonistes pour qui, la chirurgie esthétique est devenue un simple acte chirurgical sans conséquence, que l’on peut demander tous les jours, pour des raisons futiles, voir le comportement du médecin complètement inconscient des actes qu’il applique sur ses patients, simplement parce qu’ils le souhaitent, certes on dit que le client est roi, mais de là à lui conseiller et accepter tout et n’importe quoi, il faut savoir faire dans la demi-mesure dans ce genre de cas, un peu comme aurait du le faire Kim Ki-Duk.

Au final, Time n’est pas mauvais, mais n’est pas digne des grands films de Kim Ki-Duk à l’époque où il devait encore prouver de son talent, surtout que le film n’a pas rencontré un grand succès en Corée du Sud et que le réalisateur n’a pas forcément apprécié cela et qu’il a, aux dires des médias du pays, plutôt mal agi, mais ici, en Europe, notre regard est surement moins sévère et le film trouvera succès pour les amateurs du cinéma asiatique, peut-être un peu moins pour les fans du réalisateur, qui seront surement un peu déçus de la qualité globale de l’œuvre, cependant, n’oubliez pas qu’on parle ici de Kim Ki-Duk et qu’un film moyen de sa part, n’est pas un film moyen de n’importe quel réalisateur du coin.

Résumé
Date de la critique
Titre du film
Time de Kim Ki-Duk
Note
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