Cold Fish
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Cold Fish

2010 | Japon | 144 mins | Drame/Suspense | Un film de Sion Sono | Avec Asuka Kurosawa, Mitsuru Fukikoshi, Tetsu Watanabe et Megumi Kagurazaka

Chorégraphe : Tak Sakaguchi | Compositeur : Tomohide Harada | Scénariste : Yoshiki Takahashi et Sion Sono

Scénario de Cold Fish

Shamoto tient une boutique de poissons tropicaux. Sa deuxième femme ne s’entend guère avec sa fille, Mitsuko, et cela lui fait peur. Un jour, prise en flagrant délit de vol dans un supermarché, Mitsuko va trouver en la personne de Mr Murata, non seulement un sauveur, mais aussi un homme exerçant le même métier que son père mais à grande échelle. Il poussera même la bonté jusqu’à lui offrir un travail dans son magasin. Mais Mr. Murata, sous ses manières attentionnées, cache de nombreux sombres secrets …

Critique de Cold Fish

Sion Sono est un réalisateur qui n’a pas froid aux yeux. C’est une chose à présent bien confirmée. Pourtant, ce n’est pas la première fois qu’il réalise un film sans compromis et sans retenues, mais le voir ici à l’œuvre dans Cold Fish me le rappelle à nouveau. Son dernier film en date était Love Exposure, un métrage de 4 heures qui faisait déjà appel au concept de la vengeance, même si je dois dire que je n’ai pas encore eu l’occasion de le voir. Cold Fish, c’est avant tout un film tiré d’une histoire réelle qui s’est déroulé en 2009 au Japon, où un dynamique et entreprenant propriétaire d’un grand magasin de poissons tropicaux s’avérait être un serial killer et un très bon qui plus ai, puisqu’il a réussi à commettre 58 meurtres avant d’être coincé. Si cela parait trop énorme pour être vrai, c’est pourtant le cas. Apparemment, cette histoire vraie est basée sur un livre et des écrits divers du serial killer lui-même (qui aujourd’hui est actuellement en phase d’être jugé). Vu qu’il n’y avait aucune preuve ou résidu humain trouvé (les corps étaient brulés ou donnés à manger aux poissons), il n’y avait quasiment aucune manière de vérifier son histoire. C’est donc seulement sur un petit pourcentage de cette histoire réelle que le film se base et malgré ça, l’histoire en reste à peine croyable.

L’histoire de Cold Fish nous parle de Shamoto, un homme qui possède également un magasin de poissons tropicaux et de sa famille en complet dysfonctionnement. Il est introverti, sa fille le déteste ainsi que sa seconde femme, sa vie sexuelle est inexistante et son propre magasin n’est pas vraiment un signe de respect. Un jour, il rencontre Murata, le gérant d’un très grand magasin de poissons exotiques appelé l’Amazon Gold. C’est un homme plein de personnalité, accompagné d’une très sensuelle femme et conduit une Ferrari superbement entretenue. Mais avant même qu’il s’en aperçoive, Shamoto est embrigadé dans une affaire de business avec Murata et accepte même de livrer sa fille délinquante pour qu’elle travaille dans le magasin de ce dernier. Rapidement, il va se retrouver être l’accessoire d’un meurtre que Murata commet après avoir effectué une transaction financière importante. La vie de Shamoto va changer à jamais.

L’histoire de Cold Fishest une véritable surprise en elle-même. Alors même que vous savez ce qui va se passer, vous restez constamment sous l’idée qu’il n’est pas possible que ce que l’on voit à l’écran soit réel. La manière dont l’histoire nous est contée est éprouvante et renversante pour le spectateur. De plus, la B.O de Cold Fish est l’instrument majeur du métrage, en faisant appel à de simples répétitions de mélodies permettant de graduellement faire monter la tension de chaque scène. Le retour constant de ce thème permet de s’habituer à retrouver plusieurs fois le même type de scène. L’aspect sanglant du film n’est pas une fin en soi, mais permet de justifier de certaines scènes. Cela reste impressionnant par la manière utilisée par le réalisateur pour déranger les spectateurs tout en les faisant parfois rire lorsque le mari et sa femme parlent de leur méthodique méthode pour complètement démanteler un corps humain tout en s’amusant à le faire.

Du côté de l’interprétation, Denden interprétant Murata est surpuissant dans chaque scène où il est présent. Il semble inarrêtable, invincible et surtout complètement dément. Asuka Kurosawa est également convaincante dans le rôle de Aiko, la femme de Murata, une bête de sexe qui ne cherche que son propre plaisir. Cold Fish est tout simplement une bonne claque. Cela faisait un bon moment que je n’avais pas apprécié un film de cette manière. Cela m’a permis de me rendre compte que Sion Sono est sérieusement un réalisateur à suivre alors que je l’avais perdu de vue depuis Suicide Club.

Résumé
Date de la critique
Titre du film
Cold Fish de Sion Sono
Note
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