Voice of a Murderer

Voice of a Murderer

Réalisé par : Park Jin-Pyo
Année : 2006
Pays : Corée
Genre : Drame/Suspense
Durée : 122 mins

Interprète par

Seol Gyeong-Gu
Kim Nam-Ju
Kang Dong-Won
Kim Yeong-Cheol
Choi Jeong-Yun
Kim Hae-Gon
Hong Seok-Yeon

Scénario : Voice of a Murderer revient sur un tragique fait divers survenu en 1991. Il s’agit du kidnapping d’un petit garçon de 9 ans dont les parents (le père présentateur TV très connu) furent quotidiennement harcelés par le criminel pendant plus de quarante jours…

Critique

Après You are My Sunshine en 2005, Park Jin-Pyo revient avec un film basé sur des faits réels, Voice of a Murderer, un titre qui veut tout dire et qui en dit même trop quand on y pense, cependant, ce n’est absolument pas un problème, puisque autant l’annoncer pour ne pas que vous changiez d’avis, Voice of a Murderer est un bon film, je dirais même un très bon film, qu’il ne faut absolument pas manquer, par sa qualité, mais aussi son intérêt.

Vous le savez tous, en tout cas, ceux qui suivent régulièrement mes critiques de films asiatiques, que les films coréens ne sont pas spécialement ma tasse de thé, entre autres par la difficulté à retenir certains noms d’acteurs et de réalisateurs (ce n’est pas une excuse) mais surtout pas l’incroyable nombre de films que ce cinéma propose dont la grande majorité ne vaut même pas la moyenne, ainsi lorsque je tente de regarder un film coréen, je me demande toujours sur quel genre de niaiserie je vais tomber et au grand plaisir, parfois, on tombe sur de petites perles comme ce Voice of a Murderer qui est tout simplement très bon.

Voice of a Murderer se place durant l’année 1991 en Corée du Sud où le fils d’un présentateur du journal télévisé très célèbre, à la manière de notre PPDA, est enlevé par un homme mystérieux lors d’une soirée dans le parc de la résidence où habitent le présentateur, sa femme et son fils, Sang-woo.

Ce présentateur, Kyung-bae, est un perfectionniste et une personne très ambitieuse, sa femme Ji-Sun, est une mère au foyer qui aime plus que tout son fils, allant jusqu’à surveiller de près le poids de celui-ci, ayant atteint le statut d’obèse, malgré l’entrainement olympique que lui ordonne sa mère tous les jours pour tenter de faire diminuer sa masse graisseuse, en somme une famille tranquille sans aucun souci.

Cet enlèvement provoque ainsi un réel basculement dans la vie de cette paisible famille, jusqu’au jour où ils vont recevoir un appel du kidnappeur posant les règles du jeu. Une voix calme, posée, exige 100 millions de won pour la récupération de leur fils et surtout sans mêler la police à cette histoire, bien évidemment.

Comme indiqué précédemment, Voice of a Murderer est un film tiré de faits réels, ce qui le rend plus difficile à accepter, en effet, lorsque l’on sait que le kidnappeur arrivera à mettre la pression sur le présentateur Kyung-bae pendant 44 jours pour lui extorquer des sommes folles tout en baladant la police coréenne, il est difficile d’avaler la pilule, surtout lorsque l’on sait que ce présentateur est extrêmement célèbre en Corée du Sud, puisqu’il était chargé de présenter le journal télévisé sur une grande chaine, un sujet qui est donc difficile à utiliser sans commettre de bévue, surtout lorsque l’on sait que le kidnappeur n’a jamais été appréhendé malgré les énormes moyens mis à disposition par la police, un kidnappeur qui aujourd’hui encore, court toujours dans la nature pour le crime qu’il a commis, autant dire que le sujet est très sensible.

Pourtant, Park Jin-Pyo ne se laisse pas faire et malgré la sortie de Secret Sunshine et Seven Days, deux films sur le thème de l’enlèvement d’enfant, ayant été lancés à la même période, il arrive à démarquer son film.

Il faut le dire Park Jin-Pyo n’a absolument peur de rien, quand on sait qu’avec son premier film, Too Young To Die où le sujet était basé sur le sexe chez les septuagénaires et You Are My Sunshine ou l’amour entre un fermier et une prostituée séropositive, ce n’est pas une histoire de kidnappeur tiré de faits réels qui va le faire changer d’avis, pourtant il est conscient qu’avec un sujet aussi sérieux que celui-ci, il ne peut être extravaguant et a donc opté pour une mise en scène sobre sans tomber dans le sensationnel avec une intensité à l’épreuve du film et du sujet qu’il traite.

Coté interprétation dans Voice of a Murderer, il ne fallait pas non plus choisir n’importe qui, alors si on peut trouver à redire sur le choix de Kang Don-Won dans le rôle du kidnappeur, on ne peut en aucun cas revenir sur l’excellent choix du réalisateur sur Seol Gyung-Gu qui est véritablement l’acteur du film, recréant avec beaucoup de passion et un tourment très palpable, le rôle du présentateur télé, tout comme Kim Nam-Ju dans le rôle de la mère terrorisée.

Au final, je ne souhaite pas en dire davantage, car Voice of a Murderer est un film qui se vit et qui ne se raconte pas, ce que je peux en dire dire, c’est que Voice of a Murderer est un bon film, un film qui marque les esprits, surtout dans sa dernière partie, qui lui permet de véritablement tiré son épingle du jeu et le fait de savoir que le film est tiré de faits réels permet de lui donner encore plus de crédibilité qu’il en avait peut-être besoin, en somme, un film coréen à voir absolument pour ceux qui en ont la possibilité, aucun doute Park Jin-Pyo à un grand avenir dans le cinéma.

Résumé
Date de la critique
Titre du film
Voice of a Murderer de Park Jin-Pyo
Note
41star1star1star1stargray