Rhapsody in August

Rhapsody in August

Titre Original : Hachigatsu no Kyoshikyoku
Titre Français : Rhapsodie en août
Réalisé par : Akira Kurosawa
Année : 1991
Pays : Japon
Genre : Drame
Durée : 105 mins

Interprété par

Murase Sachiko
Yoshioka Hidetaka
Richard Gere
Isaki Mitsunori
Otakara Tomoko
Igawa Hisashi

Producteur : Kurosawa Hisao
Compositeur : Ikebe Shinichiro
Scénariste : Kurosawa Akira

Scénario : Quatre cousins se retrouvent chez leur grand-mère pour des vacances à la campagne, près de Nagasaki. Occasion de se pencher sur leur passé commun, conscient ou inconscient, à savoir la bombe atomique du 9 août 1945.

Critique

Entre Rêves (Aka : Yume) en 1990 et Madadayo, son dernier film en 1993, Akira Kurosawa, l’Empereur du cinéma japonais, s’était dirigé vers une œuvre bien éloignée de ses grands portraits de samouraïs, pour signer un film différent, fraichement mené dans un paysage cinématographique confiné dans ses démarches et ses choix artistiques, une œuvre intimiste au service de l’Homme, Rhapsody in August.

C’est donc dans un optimisme ambiant que Kurosawa Akira cherche à montrer et à démontrer qu’il croit à la bonne nature de l’homme et dans sa capacité à jouer avec son époque et transmettre les erreurs du passé à la jeunesse pour mieux les éviter.

On se retrouve alors avec Rhapsody in August, plongé dans un univers retraçant les différents états d’âme d’une famille japonaise ayant subi les dégâts directs ou collatéraux des deux bombes atomiques lancées sur le Japon en 1945 à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

C’est donc sous les traits de cette famille composée de quatre enfants, cousins, cousines et d’une grande même, qui au cours du mois d’août, va recevoir une lettre d’un parent oublié, vivant à Hawai et qui prétend être le grand frère de cette dernière, souhaitant revoir celle-ci avant de finir ses jours, une confrontation toute tracée entre le Japon et les États-Unis, faisant directement écho à la confrontation de la Seconde Guerre mondiale, pourtant, on ne quittera jamais la ville de Nagasaki au cours de la totale durée de cette œuvre, pour mieux comprendre les événements passés de cette ville et les douleurs enfouies qui restent latentes et parfois inconscientes, encore même aujourd’hui.

C’est donc durant une grande partie de Rhapsody in August que Kurosawa Akira va chercher à démontrer ce qu’à engendré cette si violente bombe, entre dégâts physiques (de nombreux morts et irradiés, comme la grand-mère devenue chauve suite aux effets de la bombe) et dégâts psychiques et psychologiques (pertes de proches), et qui a ainsi traumatisé toute une génération de japonais.

Mais là où Kurosawa est très fort, c’est qu’il ne renie pas la culpabilité de chacun dans cet événement et qu’il reste conscient que le Japon et les États-Unis sont tout deux responsables de ce tragique événement, amenant ainsi une réconciliation entre les enfants du film, d’origine japonaise et la culture américaine.

En effet, ces derniers refusent dans un premier temps de voir Clark, la personnification de la cruauté des USA alors que paradoxalement, ils portent des Tee-Shirts à l’effigie de club sportif américain.

Mais avant tout, Rhapsody in August est un film humain où les souvenirs restent profondément dans les mémoires et sont capables de refaire surface aux moindres éléments pouvant y faire référence. Au final, Rhapsody in August est un film à forte personnalité, liant l’intime, le Japon et un sentiment puissant d’universalité le tout dans une modeste forme qui ne manquera pas de vous toucher à coup sûr.

Résumé
Date de la critique
Titre du film
Rhapsody in August de Akira Kurosawa
Note
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