Possessed
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Aka : Bulshinjiok | 2009 | Corée du sud | 112 mins | Horreur | Un film de Yong-Joo Lee | Avec Nam Sang-Mi, Ryu Seung-Yong et Kim Bo-Yeon

Scénario de Possessed

Hee-jin, une jeune étudiante, reçoit un appel de sa mère lui apprenant la disparition soudaine de sa sœur cadette So-jin. Un inspecteur se rend à leur domicile et conclut à une banale fugue. Mais Hee-jin est convaincue que la disparition de sa sœur est liée à la recrudescence des décès dans le quartier. Elle décide alors de mener sa propre enquête.

Critique de Possessed

Lorsque je décide de voir un film d’horreur asiatique, j’ai toujours cette crainte non pas d’avoir peur, car cela fait belle lurette que ces films qui arrivent à me faire sursauter se compte sur les doigts de la main, mais parce qu’en général, ces films font appel au même modèle dépassé, celui d’un film tournant autour d’une histoire de fantôme qui cherche à se venger après avoir été sauvagement assassiné, souvent personnifié sous les traits d’une jeune femme en robe blanche et aux cheveux noirs en plein sur son visage, à hanter les couloirs d’une vieille maison. C’est surement une grosse caricature et pourtant ce n’est pas si éloigné de la vérité. Mais pour une fois, Possessed oriente son choix sur un bon filon du film d’horreur qui existe depuis longtemps, mais qu’on a peu vu au cinéma asiatique, voire même jamais vu, en tout cas, à ma connaissance.

Possessed, ce premier film de Yong-Joo Lee, ancien assistant de Bong Joon-ho sur Memories of Murder, va faire directement appel aux croyances religieuses et à ses penchants démoniaques. L’introduction est à vrai dire à l’encontre du reste du film, c’est à dire décevante. En effet, il démarre sur l’histoire de So-Jin qui disparait mystérieusement alors que sa sœur ainée, Hee-Jin cherche à la retrouver. Elle fait appel à un policier, Tae-Hwan pour tenter d’élucider l’affaire vu que sa mère est une fanatique religieuse qui prie pour le retour de sa fille plutôt que de faire appel aux techniques plus modernes et plus scientifiques. Malheureusement, ce policier ne semble pas vraiment se préoccuper de l’affaire, mais une vague de suicide va s’opérer dans le même immeuble et la relation commence à s’établir entre les deux événements. Bien évidemment, en commençant ainsi, on est quasiment sur qu’on va se retrouver face à un film avec un fantôme revanchard qui pousse ses victimes à se suicider, le scénario bateau qu’on a déjà vu mille fois et c’est là que Possessed tire son épingle du jeu. En effet, ces suicides ne sont qu’une petite conséquence de ce qui nous attend réellement.

Yong-Joo Lee fait intervenir un sujet rarement vu dans les films d’horreur asiatique, l’influence de la religion sur la vie quotidienne en Corée du Sud. Que ce soit les croyances chrétienne ou chamanique, le réalisateur réussit à leur trouver de nombreuses similitudes. Le personnage de la mère de Hee-Jin et So-Jin vient ajouter une couche à l’effet horrifique du film. Par sa dévotion frénétique envers Dieu et à sa psychologie complexe, ce personnage est sans doute l’un des plus réussis, mais également l’un des plus inquiétants. Cette description d’un fanatisme extrême nous montre toute la folie d’une dévotion aveugle. L’assimilation de So-Jin par la voisine chamane trouvant peu à peu de nouveaux fidèles à une sorte d’être démoniaque est également très envoutante, tout du moins, c’est ce que nous montre les images, la réalité y est ici assez confuse.

C’est par l’utilisation de nombreux détails que la crédibilité de Possessed se créer, un rhume qui s’aggrave peu à peu, une présence inquiétante qui revient régulièrement en scène et surtout cette montée graduelle de phénomènes fantastiques dans un univers bien réel et surtout décrit et présenté comme tel. Que ce soit par l’intervention de miracle, du surnaturel ou de présence démoniaque, ces derniers ne sont jamais surexposés, ils arrivent à s’inscrire parfaitement dans le décor et d’en faire un tout à l’air réaliste. Le seul défaut que je pourrai faire à Possessed, c’est son côté touche-à-tout et son côté parfois trop convenu, le film n’est pas totalement assumé, mais cela peut se comprendre pour un premier film. Malgré quelques longueurs, Possessed est un vrai petit vent frais dans le genre de l’horreur et du fantastique asiatique et spécifiquement coréen, abordant des thématiques nouvelles et joliment mises en scène, il est évident qu’il comblera les amateurs d’horreur et prévoit un avenir plutôt souriant à ce nouveau réalisateur.

Résumé
Date de la critique
Titre du film
Possessed de Yong-Joo Lee
Note
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