La femme des sables
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La Femme des Sables

Aka : Woman in the Dunes | 1964 | Japon | 145 mins | Drame | Un film de Teshigahara Hiroshi | Avec Okada Eiji et Kishida Kyoko

Compositeur : Takemitsu Toru | Scénariste : Abe Kobo | Histoire Originale : Abe Kobo

Scénario de La Femme des Sables

Un scientifique nippon, parti explorer des dunes de sable à la recherche d’une espèce animale rare, est chaleureusement prié par quelques habitants à passer la nuit dans leur petit village improvisé à même le sable. Mais le lendemain, à son réveil, notre homme s’aperçoit qu’il a dormi dans un trou de sable d’où il ne peut s’échapper, obligé semble-t-il de servir corps et âme une femme qui a besoin d’un homme pour un temps indéterminé.

Critique de La Femme des Sables

Autant vous le dire tout de suite, La Femme des Sables de Teshigahara Hiroshi est un très grand film, pourrait-on même dire, un chef d’oeuvre du cinéma. J’ai longtemps attendu avant de me décider à le voir, car j’avais été charmé et envouté par le roman de Abe Kobo dont le film est tiré et je ne souhaitais pas être déçu par son adaptation cinématographique. Mais lorsque j’ai vu sa disposition en version longue dans le coffret consacré au réalisateur Teshigahara Hiroshi, je n’ai plus hésité un instant et j’ai finalement mis en route, cet essai cinématographique, d’un réalisateur à part. La Femme des Sables est vraiment une expérience cinématographique forte, car même si celui-ci est beaucoup plus classique dans son aspect formel que ses autres films comme Le Traquenard par exemple, c’est son coté fondamental qu’on retiendra, même si l’on verra un peu après que son aspect graphique est également sujet à surprise et travail de qualité.

Teshigahara Hiroshi choisit de nous montrer l’expérience d’un scientifique coincé dans un village qui tentera de s’enfuir tant bien que mal. Pendant sa détention, il est placé dans une fosse de sable où réside une demeure de fortune en bois dans laquelle vit, une jeune femme fatiguée. On comprend petit à petit que celle-ci est bloquée depuis un certain nombre de mois voir d’année et semble aliéné par sa condition. Le scientifique tentera alors de s’échapper par tous les moyens. La Femme des Sables fonctionne par son ambiance dès plus étrange, que ce soit par le sujet qu’il traite, les situations des personnages mais également la bande-son du film de Takemitsu Toru qui nous aspire dans une spirale envoutante. L’ambiance marque un énorme atout au film, ce sable ambiant qui envahit l’écran, la maison de fortune, mais également les personnages et tout objet se trouvant à sa portée. Le sable est ici un véritable ennemi, un élément perturbateur qu’on n’arrive pas à se défaire. Pourtant, les personnages tentent d’y faire face mais celui-ci semble être intouchable et omniprésent.

Du coté de la mise en scène de La femme des sables, c’est remarquable, Teshigahara Hiroshi utilise le plein cadre pour afficher cet effet d’insécurité ambiant qui nourrit chaque situation, cette frayeur et claustrophobie ambiante qui s’accapare l’écran. Le réalisateur réussit avec un simple grain de sable à douter de notre perception, de le rendre hostile, bien plus hostile qu’une tueur en série qui finalement nous surprend plus et pourtant, La Femme des Sables est un film de 1964, et non un film d’aujourd’hui pouvant faire appel à un certain nombre d’artifice. Le réalisateur ne cherche pas à centrer son film sur ses protagonistes, mais sur le décor lui-même, sur ce qui entourent nos personnages, il joue ainsi de notre perception.

Concernant l’aspect scénaristique de La femme des sables, Teshigahara joue avec l’isolement et sa manière ne nous présenter les choses, concernant cet homme qui peu à peu, renonce à sa liberté, même lorsqu’il peut s’échapper, il est décidé dans son choix. Chaque tentative de fuite est un nouveau recul, le sable s’effondre de plus en plus. Les personnages sont ainsi laissés à leur propre existence, jusqu’à parfois virer à la folie, libératrice et clairvoyante. Le réalisateur n’a pas oublié d’envouter de manière sensuelle son film, voir quasi-érotique.

Finalement, je ne saurai que trop vous conseiller de voir cette œuvre majeure de la nouvelle vague japonaise, un film simple et pourtant tellement loin des carcans du cinéma. Ce voyage envoutant est un incontournable, le film épate par ses images, sa composition musicale, son fond, bref, c’est un film hypnotique, un excellent exemple d’une bonne interprétation d’un roman en image. La femme des sables est à ne rater sous aucun prétexte.

Résumé
Date de la critique
Titre du film
La femme des sables de Hiroshi Teshigahara
Note
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