Goyokin

Goyokin Cover

Titre anglais : Official Gold
Titre français : Goyokin, l’or du Shogun
Réalisé par : Hideo Gosha
Année : 1969
Pays : Japon
Genre : Chambara
Durée : 1h58

Interprété par

Nakadai Tatsuya
Asaoka Ruriko
Tamba Tetsuro
Nakamura Kinnosuke
Natsuyagi Isao
Tanaka Kunie
Tsukasa Yoko

Compositeur : Sato Masaru
Scénariste : Gosha Hideo
Directeur photo : Okazaki Kozo

Scénario : Un samouraï du clan de Sabai vole une cargaison pour payer la taxe gouvernementale et massacre les pécheurs. Son beau frère s’y oppose et quitte le clan. Il reviendra sur le territoire de son clan afin d’éviter que cet événement se reproduise.

Critique

Entre Samourai sans honneur en 1966 et Puni par le ciel en 1969, Hideo Gosha réalise un très gros film dans le monde du cinéma du genre Chambara, mais également dans l’entier univers du cinéma japonais.
Goyokin est sans aucun doute, une réussite majeure du cinéma de sabre des années 60, des films de chambara où les samurais ne sont plus de simples mercenaires, mais des héros proches de l’image « kurosawaienne« , des héros plus humanistes, même si avec Hideo Gosha, le pessimisme revient toujours hanter les protagonistes de son histoire.

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Goyokin se déroule avant la fin du XIXe siècle, à une époque où le Shogun est contesté par les clans de samouraïs et ces derniers n’hésitent pas à employer tous les moyens pour subsister en tant que clan autonome en devant donner un tribut au Shogun pour continuer à exister.

Les temps étant durs, ils vont donc user des moyens les plus vils, comme celui de piller par un savant subterfuge, un des bateaux du Shogun, qui transporte une grosse somme d’or, en tuant tous les pêcheurs du village où le piège est monté, pour éviter toute fuite de la situation.

Dès le début du film, on entame une magnifique scène où l’on peut apercevoir une jeune femme, qui semble revenir de loin, heureuse de pouvoir enfin retrouver ses origines, mais le choc sera terrible lorsqu’elle apercevra le village infesté de corbeaux et le corps de son futur époux.

Dès le départ, Gosha nous donne le ton du pessimisme ambiant, de cet état de désespoir, d’un moment de terreur pur dans la grande tradition.
Cet événement portera le nom des « enlevés des dieux« .

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Cet ainsi qu’on se retrouve trois ans après à Edo, dont une série de flashbacks bien pensés permettent de comprendre la situation passée, et la cruauté du clan Sabai, à l’origine de cette « Disparition des dieux » et surtout les regrets du héros, qui à cette époque, contestait les moyens utilisés pour faire survivre le clan Sabai, et se morfond sur sa passivité lors du massacre des pécheurs.

Gosha va alors nous offrir de ce samurai, au bord de vendre son épée pour retrouver une vie plus digne, un portrait d’un homme qui croit encore en l’honneur dans un monde où l’argent à pris possession des âmes, et va alors s’opposer à son propre clan, en apprenant que ce dernier aller à nouveau remettre en place le plan des « enlevés des dieux« .

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Goyokin possède une mise en scène magnifique, dans un décor glacé, le réalisateur s’attache grâce au directeur de la photographie, Okazaki Kozo, un maître dans son domaine, à offrir des plans tout à fait incroyables, où le visage de Tatsuya Nakadai ressort avec une puissance hallucinante, entre obscurité et lumière, des plans en travelling horizontaux, montrant une scène de combat par les interstices des fenêtres en papier des maisons, et surtout avec un attachement aux détails.

Gosha n’hésite pas à utiliser le décor comme un élément important de la photographie du film, il use de la neige, du vent, de la pluie, de l’obscurité, du feu, pour mettre en scène des combats au sabre hallucinant de vérité, entre plans distants durant certains combats, et plans rapprochés durant les scènes de dialogues, il donne à celles-ci, un suspense inévitable, une combinaison de travellings hypnotiques et des zooms détaillant le décor, dans une mise en scène parfois proche du film western.

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Ce qui transcende le film, c’est surtout la scène finale, sur un plan des récifs d’Hokkaido, avec l’usage d’une alternance entre le duel au sabre et le plan sur les musiciens portant tous des masques traditionnels et jouant du tambour, donnant un rythme transcendant à cette scène, d’une intensité accrue, un incroyable moment du film de chambara.

Gosha réalise ici avec Goyokin, l’une de ses oeuvres les plus abouties, qui lui permettra de gagner confiance en réalisant par la suite, deux autres grands titres de sa filmographie, The Wolves et Tenchu!
Un film à absolument voir pour les fans du chambara, mais également des oeuvres maitrisées de bout en bout à la superbe photographie, à la profondeur scénaristique et au jeu d’acteur sublimé.

Résumé
Date de la critique
Titre du film
Goyokin de Hideo Gosha
Note
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