Die Bad

Die Bad Cover

Réalisé par : Ryu Seung-Wan
Année : 2000
Pays : Corée
Genre : Action/Drame
Durée : 95 mins

Interprété par

Ryu Seung-Wan
Shin Jae-Myeong
Choi Yeong-Hwan
Ahn Kil-Kang
Jeong Jae-Yeong
Ko In-Bae
Bae Jung-Shik
Kim Su-Hyeon
Ki Joo-Bong
Lim Won-Hee
Park Seong-Bin
Ryu Seung-Beom
Lee Jang-Ho

Producteur : Kim Seong-Jae
Chorégraphe : Shin Jae-Myeong
Compositeur : Kim Seong-Hyeon
Directeur photo : Choi Yeong-Hwan & Choi Sang-Muk

Scénario : Sung-Bin, un jeune d’une vingtaine d’années, traîne avec son frère(Suk-Hwan) dans une salle de billard. Lors d’une bagarre avec une bande d’une école rivale, il tue accidentellement un autre jeune et sera condamné à sept an de prison. A sa sortie, il aura du mal à se ré-intégrer socialement et finira par rejoindre une bande mafieuse dont il a sauvé la vie du chef. Il deviendra à son tour un ponte de la mafia locale tandis que son frère intègrera la police.

Critique

Avant la réalisation de Dajjimawa Lee en 2000 et No Blood, No Tears en 2002, Ryu Seung-Wan développe un film atypique, scindé en quatre parties, au parcours chaotique, qui lui a permis d’obtenir le prestigieux surnom de Tarantino coréen dans son pays, simplement par sa structure narrative.

Die Bad, c’est le titre de cette œuvre particulière, qui à bien faillit ne pas voir le jour pour des raisons financières, un projet au final financé en partie par le système d’investissements d’Internet, le Netizen Funds, à qui l’on doit sa sortie sur les grands écrans et notamment sa sortie en DVD pour nous autres européens, qui n’ont pas autant de chance en terme de sortie et dont seules les sorties DVD sont accessibles.

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Comme indiqué précédemment, Die Bad est quelque peu particulier par sa structure narrative, en effet, le film est construit sur quatre segments distincts regroupés pour former un tout conforme à un scénario d’ensemble, ayant sa propre identité et une certaine cohérence au final.
Cependant, Die Bad n’est pas exempt de défaut, des défauts de jeunesse qui seront corrigés plus tard dans ses prochains films.

Dans sa première partie, Ryu Seung-Wan montre une simple bagarre entre jeunes et sa finalité tragique, une génération portée par la violence, ayant pour référence les jeux de bastons et les salles de jeu et use d’une technique de montage en parallèle, montrant des adultes se plaignant du comportement de certains jeunes et cette vision de la culture de la jeunesse actuelle par des mouvements de caméra à l’épaule et un grain à l’image renforçant la saleté à l’écran, cependant les effets sonores sont loin d’être convaincants et le rythme de la scène d’action en pâtis.

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Puis vient une seconde partie où le style change complètement, un changement d’époque, 7 ans plus tard, lorsque le jeune homme sort de prison et retrouve la liberté, un segment qui fait la part belle aux difficultés de la ré-intégration des anciens prisonniers dans la société et aux remords de ses actes, le tout avec une caméra rapide, variant selon l’intensité des scènes, un segment assez banal, sans grand intérêt.

Par contre, dès qu’on aborde le troisième segment, on passe un niveau supplémentaire dans la réalisation, on assiste à une longue baston entre un flic et un voyou, chacun étant en parallèle interviewé sur sa vie où il évoque leur quotidien, avec un jeu de caméra faisant croire à un docu-fiction, un segment efficace qui définit deux hommes séparés par leur mission, mais rassemblés par leur nature.

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Puis arrive l’ultime segment, réalisé en noir et blanc, cherchant à montrer les mécanismes de la violence et comment des jeunes quelque peu habitués à braver les interdits seront influencés par la mafia locale qui pour eux et un modèle d’avenir, un segment qui pourrait être considéré comme un court-métrage, dans lequel on découvre l’ascension d’un jeune délinquant dans les échelons de la mafia locale, dramatisant les scènes jusqu’à nous offrir un final barbare et violent sous une magnifique bande originale sublimant les dernières images de cette tragédie.

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Au final, Die Bad est clairement un produit d’auteur, une petite production à messages, une vision sombre de la violence et de la mafia coréenne.
Sa décomposition en segment permet de propulser le déroulement du scénario, même si le film est considéré comme étant du mouvement indépendant, celui-ci est tout de même soumis à un certain coté stylistique visuelle et sonore des productions plus importantes, sa diversité et sa correcte interprétation en font une œuvre de qualité et tout de même non-conventionnelle, qu’il fait toujours bon de voir.

Résumé
Date de la critique
Titre du film
Die Bad de Ryu Seung-Wan
Note
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