Daimajin

Daimajin Cover

Réalisé par : Yasuda Kimiyoshi
Année : 1966
Pays : Japon
Genre : Kaiju Eiga/fantastique
Durée : 1h24

Interprété par

Takada Miwa
Hoshimoto Riki
Aoyama Yoshihiko
Fujimaki Jun
Gomi Ryutaro
Shimada Ryuzo

Producteur : Nagata Masaichi
Compositeur : Ifukube Akira
Scénariste : Yoshida Tetsuro
Effets spéciaux : Kuroda Yoshiyuki
Directeur photo : Morita Fujio

Scénario : Dans un village féodal administré par le seigneur Hanabasa, la terreur nait de traces de pas géants trouvées autour de l’autel de Majin, la statue géante d’un dieu guerrier. Pendant ce temps, Samonoske a décidé de mettre en application un plan pour s’emparer du trône et tue Hanabasa et sa femme mais les deux enfants Tadafumi and Kozasa s’échappent avec leur protecteur le samourai Kogenta.

Critique

Tremblez pauvres mortels, et prier pour que le Daimajin vous épargne, vous qui n’avez pas cru en lui, vous qui l’avait réveillé de son profond sommeil, la terre va trembler ! Voilà une phrase qui s’accommode bien au film réalisé par Yasuda Kimiyoshi, Daimajin, premier film de la trilogie du même nom, dont Takashi Miike prévoit déjà un remake.

Yasuda Kimiyoshi, c’est entre autres, le réalisateur de plusieurs épisodes de la série Zatoichi interprété par Shintaro Katsu, mais également deux épisodes de la série Sleepy Eyes of Death avec Ichikawa Raizo et également deux épisodes de la série des Yokai Monsters entre 1968 et 1969.

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Le scénario de ce premier épisode de Daimajin est le suivant, dans le Japon féodal, un gentil roi gouverne loyalement jusqu’au jour où son bras droit décide de lancer un coup d’État, lors de la cérémonie de prières et d’incantations pour repousser le Majin, le dieu du peuple.

Au cours de cette bataille, le roi est tué, et l’un de ses serviteurs, Kogenta, s’enfuit avec le fils et la fille du roi, afin de les protéger.
Les temps deviennent durs, l’esclavage est partout, le chaos est installé…

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Dix ans plus tard, le jeune héritier du trône et son fidèle serviteur tenteront de mettre fin au règne de l’imposteur, mais se feront prendre comme prisonnier.
La vieille prêtresse mettra en garde l’actuel dirigeant du royaume contre la colère des dieux, c’est alors que ce dernier décide de tenter de briser la statue du dieu Majin, déclenchant ainsi sa colère…

Premier opus de la série, dit forcément de poser les fondations qui permettront aux deux autres films de pouvoir poursuivre le scénario de ce dernier.

Daimajin est un mélange de deux genres, le premier, qui représente une bonne moitié du film, est du jidaigeki, le film de sabre historique, également connu sous le nom de Chambara, en somme un film de samurai.

Derrière la caméra, Yasuda Kimiyoshi, qui n’est pas un novice dans le domaine, réussit à pondre un scénario plus ou moins classique, permettant de dessiner le décor du film et de lancer gentiment le scénario.

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Mais Daimajin, c’est également une dimension de Kaiju eiga, qui donne un renouveau du genre de cette époque, surtout pour le studio de la Daiei, qui tente ici de concurrencer les studios de la Toho des années 60, le monstre Gamera.

C’est donc un revirement de situation et de scénario qui se met en place, en plus de l’intrigue classique de la légitimité de gouverner, se rajoute une dimension fantastique, de ce dieu de la montagne qu’il ne fallait pas déranger, ce que l’ancien bras droit du roi s’empresse de faire.
Il ne respecte ni la loi, ni l’ordre établi, ni les croyances du peuple, autant d’atout qui le fait basculer dans le stéréotype du méchant de service.

C’est ainsi que le film se met en place pour accueillir le Daimajin et laisser sa colère exploser jusqu’à la fin du film, une sorte de châtiment divin qui ne peut être stoppé.
Ce côté Kaiju-Eiga n’est pas si loin d’un Jidai geki, puisqu’ici, le Daimajin fait office du justicier qui vient rétablir l’ordre, le bras de la justice qui se met en marche.

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Cette scène finale met donc en oeuvre le Daimajin, contre le peuple, qui reste démuni face à une telle puissance divine, laissant derrière son passage qu’un vaste champ de ruine, mais qui au fond de lui, à bon coeur, puisqu’il épargne ceux respectant son existence.

Daimajin, c’est l’incarnation de la loi, du droit chemin, il représente la punition du mauvais comportement.
En conclusion, un film assez frais pour l’époque, mélange de deux genres en plein essor, qui reflète des croyances lointaines, qui existent encore aujourd’hui sous des formes différentes.

Résumé
Date de la critique
Titre du film
Daimajin de Yasuda Kimiyoshi
Note
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