Voici Abashiri Prison, une série de film assez connu au Japon, mais bien moins de cette partie du continent ! Pourtant, c’est une bonne série et voici ma critique de Abashiri Prison pour vous en convaincre.

Critique de Abashiri Prison

Avant la série Prison Break, il y avait la série des Abashiri Prison, dont le premier a été réalisé en 1965 par Ishii Teruo entre Tokyo Gang vs Hong Kong Gang en 1964 et Abashiri Prison : Duel in the Wind en 1966, le second épisode de la série. Un film qui a marqué le cinéma japonais par sa thématique et sa forme. Abashiri Prison est un bon produit artisanal, emblème des années d’or du Japon, qui révélera entre autres Ken Takakura.

Prison dans la neige

Abashiri Prison se déroule en plein décor enneigé, qui fait contraste avec les hommes prisonniers de cette prison, une prison froide, mais réchauffée des sentiments des hommes. Dès le début du film, la caméra tourne autour de ces plaines enneigées suivant un groupe d’hommes enchaînés les uns aux autres, sous un air chanté par Ken Takakura.

Un personnage qui change tout

Le personnage qu’interprète Takakura est évidemment le plus important, homme de valeur, il fut le fils aimant et dévoué, chérissant sa mère, jusqu’à détester l’homme qu’elle à épousé dans le but de l’élever, lui et sa sœur, il quittera le foyer familial pour tenter de devenir un bon citoyen, mais finira pas massacrer un clan yakuza et terminera dans la glaciale prison d’Abashiri. Au cours de sa peine, il rencontre d’autres prisonniers, venant tous d’horizons différents, chacun ayant sa propre histoire et leur propre personnalité.

La prison au quotidien

On suit donc ce groupe d’homme dans le travail de tous les jours, dans leurs joies, comme la récupération de vieux mégots de cigarette qu’ils fument à nouveau pour trouver dans ce décor glacial, un peu de réconfort. On apprend aussi les lois de la prison, le respect que doivent porter les nouveaux arrivants aux anciens détenus.

Contraste du cœur et de l’enfermement

Mais Abashiri Prison est un sérieux contraste entre le cœur des hommes et le décor enneigé de cette prison. En effet, les prisonniers de Abashiri sont avant tout des hommes, l’un pleure la mort de sa bien-aimée lors d’une tentative de double suicide, l’autre, (Ken Takakura) sera tiraillé entre l’attente d’une sortie encadrée afin de revoir sa mère mourante pour lui dire de ne pas s’inquiéter, et l’envie de suivre ses camarades dans l’évasion qu’ils préparent.

Évasion d’Abashiri Prison

Tous les moyens sont bons pour lui, même si celui-ci a tendance à vouloir suivre le droit chemin. Abashiri Prison, c’est également des scènes de comédie comme le passage dans les bains de la prison, où chacun y va de son petit numéro pour amuser la galerie.

Évidemment dans une prison, la tentative de s’échapper n’est jamais très loin. Et c’est d’ailleurs le passage le plus intéressant du film, cette course poursuite entre Ten Takakura et son codétenu, tout d’eux attachés par une paire de menottes, qui court à travers les plaines enneigées.

Des scènes anthologiques

Mais également, cette scène dans la grotte entre les deux hommes qui se frottent pour se réchauffer afin de ne pas finir comme un glaçon, ou encore la scène du train, ou il joue à Pair/Impair pour savoir qui se mettra sous les rails du train afin de couper les menottes qui les retiennent prisonniers.

Mais Abashiri Prison offre également une scène d’anthologie, cette scène finale, où Ken Takakura tentera tout pour sauver son compagnon qui inconsciemment réclamait sa mère, même si celui-ci au début du film, cherchait à lui nuire, il verra en lui ses propres envies, et comprendra qu’il y a pire situation que soi, même dans la prison de Abashiri.

Une mise en scène déjà travaillée

En conclusion, tout n’est pas parfait, mais la mise en scène de Ishii Teruo, qui à l’époque était encore loin de celle qui utilisera pour ses autres films, s’accorde bien avec le scénario.

On retiendra le passage de la tentative d’évasion annulé par le vieux prisonnier, la course poursuite en wagonnets, la coupure de la chaîne des menottes par le train et la dispute entre les deux hommes sous un ciel remplit de corbeaux.

Abashiri Prison n’est pas un chef d’œuvre, mais marquera tout de même le Japon, une série solide qui connaîtra en tout dix-huit épisodes dont dix réalisés par Ishii Teruo lui-même.

Informations sur Abashiri Prison

Aka: Abashiri Bangaichi | 1965 | 92 mins | Japon | Un film de Ishii Teruo | Avec Takakura Ken, Tamba Tetsuro, Arashi Kanjuro, Tanaka Kunie et Abe Toru

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Résumé
Date de la critique
Titre du film
Abashiri Prison de Ishii Teruo
Note
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