Avec Tragedy of Japan, c’est le retour du sujet de la seconde guerre mondiale et surtout, l’après-guerre. Ici, c’est Kinoshita Keisuke qui s’en charge ! Voici ma critique du film Tragedy of Japan !

Critique de Tragedy of Japan

Keisuke Kinoshita n’a plus rien à prouver et représente l’un des réalisateurs les plus « frais » de son époque au Japon. Pour lui, chacun de ses films, parmi les 42 qu’il a réalisait en 23 représente une chance d’expérimenter des techniques. Il a cherché à faire appel au long plan jusqu’à leur limite avec des focus très profonds, mais également des découpages rapides en approchant pratiquement tous les genres du cinéma et surtout en réussissant à offrir un film de qualité dans chacun d’entre eux.

Un film majeur de Kinoshita

Avec Tragedy of Japan, on se rend rapidement compte qu’il s’agit d’un film majeur chez le réalisateur. Sa manière de filmer les gens du peuple, dans leur pauvreté et dans cette atmosphère d’après-guerre du Japon et terriblement efficace est brillamment mise en scène, même encore aujourd’hui. Véritable pièce de collection d’une époque terminée, il vient nous replonger avec puissance dans ce tableau noir de son pays dans un contexte particulier, en pointant du doigt la destruction d’une cellule familiale.

Une narration par flash-backs

Pour ce faire, la narration de Tragedy of Japan fera appel à de nombreux flash-backs pour accentuer le souvenir d’un temps révolu qui a tout de même laissé les traces de son passage. Ces flash-backs portent une teinte de véracité par la présence d’extraits d’actualités de l’époque ponctuant ainsi le scénario.

Entre film et documentaire

Pourtant, nous ne sommes pas face à un documentaire mais bel et bien du cinéma avec ces diverses composantes, tells que l’histoire et ses personnages. C’est à travers le regard d’une mère et de ses deux enfants, que Tragedy of Japan s’accapare pour conter son récit. D’ailleurs, cette famille n’est pas des plus exemplaires, c’est le reflet d’une période difficile, le père étant mort à la guerre. Le fils souhaite quitter sa famille et rejoindre une famille plus noble, quant à la fille, elle apprend l’anglais et fabrique des robes tout en cherchant à se trouver un mari le plus rapidement possible.

Un grand réalisateur talentueux

Keisuke Kinoshita n’est pas le petit réalisateur du coin, il est tout aussi grand qu’un Akira Kurosawa, Kenji Mizoguchi ou encore ces fameuses têtes telles que Ozu Yasujiro ou Mikio Naruse. Sa mise en scène apparaît modifiée depuis l’influence néoréaliste et ceci dans le bon sens. Le film présente plusieurs séquences intéressantes, notamment les différentes scènes avec le guitariste. Pourtant, Kinoshita n’oublie pas d’aborder certaines questions comme la prostitution, le marché noir, les difficultés financières et l’envie d’avenir chez les jeunes.

Il rate de peu le nom de chef-d’œuvre

Cependant, Tragedy of Japan n’arrive pas à être le chef-d’œuvre qu’il aurait pu devenir. L’interprétation est en dents de scie selon les personnages et l’intrigue n’est pas finalement des plus réussies, tout du moins, manque de certains atouts.

Pour autant, Tragedy of Japan est un film à voir, une très bonne œuvre du cinéaste qui selon moi, n’a pas forcément réussi à obtenir le succès qu’il mériterait en Europe, comparé à d’autres réalisateurs. On peut également le considérer dans son incrustation historique, rappelons-le, ce film est justement sorti après la guerre et donc dans le contexte historique qu’il présentait, nul doute que son impact fût grand à ce moment.

Informations sur Tragedy of Japan

Aka : Nihon no higeki | 1953 | Japon | 115 mins | Drame | Un film de Kinoshita Keisuke | Avec Awaji Keiko & Uehara Ken

Tragedy of Japan
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Résumé
Date de la critique
Titre du film
Tragedy of Japan de Kinoshita Keisuke
Note
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