Bright Future

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Titre original : Akarui Mirai
Titre français : Jellyfish
Réalisé par : Kiyoshi Kurosawa
Année : 2002
Pays : Japon
Genre : Drame
Durée : 1h32

Interprété par

Odagiri Joe
Asano Tadanobu
Fuji Tatsuya
Ryo
Morishita Yoshiyuki
Sasano Takashi
Kase Ryo

Scénariste : Kurosawa Kiyoshi
Monteur : Kurosawa Kiyoshi
Directeur photo : Shibanushi Takahide

Scénario : Yuji et Mamoru sont colocataires et travaillent tous les deux dans la même blanchisserie industrielle. Englués dans un quotidien qui vire au train-train, les deux jeunes hommes semblent sans repères. Leurs loisirs ne sont pas plus réjouissants : Mamoru passe ses journées à admirer sa méduse vénéneuse, enfermée dans son aquarium. Les deux amis mènent également une relation froide avec leur chef, un homme rongé par sa vie de couple avec une femme dominatrice et leur petite fille de 13 ans…

Critique

Violemment critiqué lors de sa projection à Cannes il y a quelques années, mais également, par de nombreux fans de Kiyoshi Kurosawa, qui avait marqué le monde du cinéma japonais avec son film Kairo, revient en 2002 avec Bright Future, un film intimiste, à l’opposé des habitudes du réalisateur.

À vrai dire, je ne comprends pas du tout, ce flot de critiques piquantes envers Bright Future, souvent décrit comme une énorme ellipse de la vie, qui ne vaut pas un clou, pour moi, Bright Future, est l’un des meilleurs films de Kiyoshi Kurosawa, et je me demande même pourquoi le réalisateur a préféré se lancer davantage dans les films d’horreur que dans ce type de film que représente Bright Future.

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Tout d’abord, un petit tour du coté du scénario, écrit bien sur, par Kiyoshi Kurosawa, qui suit la vie terne de Yuji et Mamoru, deux paumés de la vie qui travaille dans une blanchisserie industrielle, ces derniers n’ont pas de hobbies, si ce n’est d’aller lancer une boule de bowling le soir, ou de tirer sur une boite de conserve avec un pistolet électronique dans une salle de jeu.

Même lorsqu’ils reçoivent une proposition de leur patron, pour les embaucher définitivement avec un meilleur salaire, et une prime de travail, ils ne sont ni plus ravis, ni plus malheureux, et ne semble pas enjoués.L’un des deux, possède tout de même une particularité, il élève une méduse dans un aquarium, et tente d’habituer celle-ci à l’eau douce, qui nécessite un protocole assez spécialisé pour la nourrir et s’en occuper.

Les deux compères vont alors un jour, être invité chez leur patron pour livrer un meuble et seront également inviter au repas.Lors de leur discussion, on comprend très bien, la distance qui sépare les deux amis et leur patron, ce patron qui sera en visite chez Mamorou, le lendemain pour tenter de former un groupe d’amis déjà existant avec les deux compères, mais tentera lamentablement de briser la glace sans succès.C’est alors que celui-ci essayera de toucher la méduse de mamorou, méduse extrêmement venimeuse.

Le lendemain, le patron s’est rendu compte que l’animal était dangereux, et décide de l’annoncer à Mamorou, qui n’avait rien fait pour l’en empêcher, et décidera de quitter son travail.
Le soir même, le patron sera violemment assassiné par Mamorou…

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Bright Future, c’est avant tout une ambiance particulière, entre la triste vie des personnages présents, et l’espoir d’un meilleur futur.

Le film est bourré de métaphore, les unes parfois plus compliquées que les autres, comme le jeu d’arcade consistant à tirer sur des canettes, un symbole de la société de consommation, que nos deux compères, exclue de leur habitudes.On le voit notamment, lorsqu’ils reçoivent de l’argent en prime, qui pour eux, ne représentent rien de plus, qu’un simple paquet de billets en papier.

Bright Future, met également en scène, un fossé entre une jeunesse sans future, et la société de consommation, toujours au travail, dans des costumes de Salaryman, comme on le voit d’ailleurs à la fin du film.

Bright Future tourne également autour de la méduse de Mamorou, capable au final de s’adapter au monde qui l’entoure en vivant des le fleuve de Tokyo, allant même jusqu’à se reproduire, métaphore d’un meilleur lendemain, comme le fera Yuji, en rencontrant le père de Mamorou.

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Bright Future, c’est également une relation forte de ces personnages, une évolution de ses derniers, notamment, sur la relation entre générations, symbolisée par l’amitié entre le père de Mamorou et Yuji, qui deviendra presque une relation père-fils.

Bright future reflète également une crise du modèle capitaliste japonais, du fossé entre l’ouvrier et le salaryman, appartenant à deux mondes différents.

L’interprétation est selon moi, très bonne, Joe Odagiri, remonte dans mon estime, avec son interprétation très convaincante, de ce jeune homme paumé, quelque peu demeuré parfois, qui finalement, possède un coeur gros comme ça, oppressé par la société et par ses rêves.

Asano Tadanobu est bon également, mais je suis un peu déçu de le voir uniquement au début du film, puisque celui-ci interprète le personnage de Mamorou.

Fuji Tasuya, le père de Mamourou, est également très bon, et donne de son être, en interprétant ce vieil homme accroché à sa vie de réparateur de vieux objets électrique ou électronique, une sorte d’usine à recyclage.

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En conclusion, je ne me permettrais pas d’annoncer que Bright Future est un parallèle à certaines oeuvres Kitanienne, car il faut l’avouer, ce n’est pas du même niveau, mais il possède bien une âme, un quelque chose, qui m’a plongé dans cet univers si particulier, que je n’attendais pas du tout chez Kurosawa, j’ai souvent été déçu par les films du réalisateur, toujours tiraillé entre le l’appréciation de son film et le manque d’intérêt flagrant, pour une fois, Bright Future m’a réconcilié avec le réalisateur, même si pour la grande majorité, Bright Future est un film raté, pour moi, c’est pratiquement mon film préféré de Kiyoshi Kurosawa au moment où j’écris ces lignes.

Résumé
Date de la critique
Titre du film
Bright Future de Kiyoshi Kurosawa
Note
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