Invisible Waves
Réalisé par : Pen-ek Ratanaruang
Année : 2005
Pays : Thailande
Genre : Drame
Durée : 1h58min
Interprété par
Asano Tadanobu
Kang Hye jeong
Eric Tsang
Maria Cordero
Toon Hiranyasap
Ken Mitsuishi
Tomono Kuga
Directeur Photo : Christopher Doyle
Scénario : Kyoji est un jeune cuisinier vivant à Macau et travaillant à Hong Kong. Amant de Seiko, la femme de son patron, il se retrouve contraint d'assassiner cette dernière et de s'enfuir pour la Thaïlande sur les ordres de celui qui l'emploie. Au cours de son voyage, il rencontrera la séduisante Noi, jeune femme énigmatique dont il se rapprochera peu à peu. Une fois arrivé en Thaïlande, les choses ne se passent pas comme prévu et il semblerait que l'on cherche à se débarasser de Kyoji.
Critique
Par où commencer ? Comment aborder ce film ? Autant de questions que je me pose afin de vous offrir une critique propre et concise de ce film réalisé par Pen-Ek Ratanaruang, un réalisateur que j'adore.
Tout d'abord, parlons du scénario afin de vous poser le décor du film.
On se retrouve à suivre un personnage, Kyoji Hamamura, un jeune cuisinier à Macau, qui vit dans une maison ressemblant fortement à un taudis.
Cela fait déjà plusieurs mois qu'il fricote avec la femme de son patron, mais en réalité, ce dernier lui a demandé de la tuer, celui-ci étant au courant de sa liaison avec un homme, qui lui est encore inconnu.
Mais une fois le contrat achevé, son patron décidera de le mettre en congés forcés, direction la Thaïlande.

Le scénario reste donc simple en apparence, celui d'un homme de main, trahissant son patron en couchant avec sa femme, et qui au final, tentera d’échapper à ce dernier.
Mais ce scénario n'aurait rien d'intéressant, si ce n'était pas Pen-ek Ratanaruang derrière la caméra.
En effet, ce monsieur est déjà derrière des oeuvres comme Monrak Transistor, 6ixty nin9 ou dernièrement The Last life in Universe , pratiquement devenu mon film préféré.
Pour ceux connaissant son travail, surtout dans The Last life in Universe , Pen-Ek Ratanaruang aime les scènes lentes et contemplatives, des scènes posées, discrètes et superbement travaillées.
Et pour ma part, je suis admiratif de ce travail qu'il mène sur chacune de ses scènes.
Accompagné de Christopher Doyle pour la direction de la photographie comme ce fut le cas sur The Last life in Universe , ce dernier nous offre des scènes sombres, avec différents tons de gris omniprésents et une luminosité très réduite.
Le tout donne un sentiment de tristesse, un décor grisonnant, sans couleurs, qui en réalité sont bien plus colorées.
Les cadrages sont eux magnifiquement utilisés et la réalisation est très soignée.
Pen-Ek Ratanaruang utile une manière très surprenante pour narrer son histoire, un style hypnotique complètement propre au réalisateur, qui selon moi, est tout à fait envoutant et incroyablement agréable.
Cette façon de raconter le périple de Kyoji, est à l'image du scénario.
La caméra suit l'errance de ce dernier, ses déambulations dans les couloirs d'un bateau à la recherche de sa cabine, d'un endroit quelconque, qu'il parvient difficilement à trouver, une sorte de mouvance d'un homme condamnée à errer sans fin dans l'inconnu et l'irréel.
Les acteurs sont tout à fait convaincants et donne une vraie personnalité à l'oeuvre.
Pen-Ek Ratanaruang choisit d'utiliser l'anglais comme langue officielle de son film, surement pour une raison d'internationalité comme il avait à moindre mesure fait pour son film The Last Life in Universe .
Asano Tadanobu, l'un de mes acteurs favoris, est tout à fait à la hauteur de son rôle, mais de l'autre côté, l'interprétation de Kang Hye-jeong laisse un peu à désirer, moyenne, peu développée et seulement révélée à la fin du film.
Le problème de Vagues Invisibles, c'est d'accrocher aux personnages et au récit que le réalisateur nous propose.
En effet, sa photographie terne, mais travaillée, sa pauvreté dans le déroulement de l'action et à moindre mesure, la superficialité apparente des personnages peut sembler bien fade.
Pour moi, Vagues Invisibles, c'est une métaphore d'un homme qui a cessé de vivre, devenu l'ombre de lui-même, cherchant à se venger à tout prix, de l'homme qui lui a ôté la vie.
De mon point de vue, Invisible Waves est un film absolument magnifique, enivrant, qui nous transporte dans un univers tout à fait particulier, une oeuvre anticonformiste.
Pour conclure, Pen-Ek Ratanaruang grâce à Christopher Doyle et son acteur pratiquement devenu fétiche Asano Tadanobu, nous offre un film tout à fait unique, son second film international, déjà nominé pour l'ours d'or au Berlinéal de 2006.
Un film que je ne peux que vous conseiller.