| Meurtre à Yoshiwara |
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| Écrit par Maxime Grave | |
| 13-12-2007 | |
Meurtre à Yoshiwara![]() Titre anglais : Hero of the Red Light District Titre original : Hana no Yoshiwara hyakunin-giri Réalisé par : Tomu Uchida Année : 1960 Pays : Japon Durée : 1h50 Interprèté par Isao Kimura Minoru Chiaki Shinobu Chihara Kogiku Hanayagi Kensaku Hara Chiezo Kataoka Eijirô Kataoka Masao Mishima Yoshie Mizutani Akiko Santo Sadako Sawamura Toyoko Takahashi Scénario : Jirozaemon, riche commerçant en soieries, fut jadis abandonné par ses parents. Malgré sa loyauté, aucune femme ne veut de lui à cause d'une horrible tâche qu'il a sur le visage. Un jour, on lui présente une courtisane de bas étage qui l'accepte et le traite tendrement, mais qui, en réalité, n'est intéressée que par son argent. Critique Entre le troisième épisode de sa trilogie Le Col du Grand Bouddha en 1959 et Zen and Sword en 1961, le réalisateur Tomu Uchida, réalise une oeuvre remarquable, répondant au nom de Meurtre à Yoshiwara, durant l'ère Edo et plus précisément dans le quartier de Yoshiwara comme l'explicite le titre.
Tomu Uchida nous offre ici une oeuvre posant de remarquables enjeux d'un point de vue thématique et même formel, sous l'apparence de Jirozaemon, un bébé abandonné par ses parents, portant une cicatrice au visage, martyre de sa propre existence, on le retrouve plusieurs années après, alors que celui-ci est devenu un riche négociant en soie. ![]() Malgré que ce dernier se fasse entrainer dans le quartier de Yoshiwara, quartier réputé à l'époque pour ses courtisanes, ses nouveaux riches marchands et ses artistes de l'estampe japonaise, aucune courtisane ne souhaite lui tenir compagnie, à part une ancienne délinquante aux origines populaires, méprisée par les autres geishas, qui cherche à tout prix à se sortir de sa condition misérable de prisonnière. C’est alors que Jirozaemon va trouver en elle, la femme qu'il a tant cherché, cette femme de toutes ses envies. ![]() Uchida met ici en avant, le dévouement d'un homme, allant jusqu'à se mettre en difficultés financières, lui et ses employés, pour arriver à atteindre le bonheur qu'il cherche depuis si longtemps. Cette femme réussira tant bien que mal à se faire payer tout, jusqu'au concours pour devenir première courtisane, un statut sacré dans le quartier de Yoshiwara. Meurtre à Yoshiwara met en avant la fatalité d'un homme, la malédiction d'un monstre humain, qui comprend peu à peu qu'il a les mains liées, dont le sabre qu'il détient depuis sa jeunesse, sera reflet de sa malédiction. ![]() Tomu Uchida est un metteur en scène aux grands talents, un virtuose de la caméra, mettant en scène ce scénario d'un des plus grands du Japon, Yoshikata Yoda, cet homme qui a travaillé avec les plus grands tel que Kenji Mizoguchi. Le réalisateur exploite pleinement le format scope pour cadrer chacune de ses scènes de façon à théâtraliser l'intrigue, tout en usant de nombreux plans distants pour donner encore plus de force émotionnelle à son film. Uchida est également capable de donner de l'ampleur à ses scènes de combat, notamment la scène finale, filmé à distance, donnant une théâtralité titanesque au combat que mène Jirozaemon contre la fatalité. ![]() Une oeuvre tout à fait magistrale dans la filmographie de Tomu Uchida, mais également sur un plan général dans le cinéma japonais. Il n'y a pas de doutes, Uchida est réellement un maître du cinéma japonais. |
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| Dernière mise à jour : ( 18-12-2007 ) |
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